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Rapatriés : ils arrivèrent 19 800… – Le Petit Bleu : LaDépêche.fr

L'arrivée au port de Marseille, en 1962. Les pieds-noirs ont afflué en nombre en Lot-et-Garonne./ archives AFP
Rédigé par : Harkis2012

Rapatriés : ils arrivèrent 19 800… – Le Petit Bleu

L'arrivée au port de Marseille, en 1962. Les pieds-noirs ont afflué en nombre en Lot-et-Garonne./ archives AFP

L'arrivée au port de Marseille, en 1962. Les pieds-noirs ont afflué en nombre en Lot-et-Garonne./ archives AFP

 

Anciens combattants, pieds-noirs, harkis… toute cette semaine, ils témoignent.

Le 50e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, le 19 mars prochain, va raviver les plaies de milliers de Lot-et-Garonnais.

19 mars 1962. Pour beaucoup, une date noire et sèche comme les larmes qui l’ont accompagnée. Une date marquant pourtant officiellement la fin des hostilités en Algérie, mais dont les semaines, les mois qui lui succédèrent furent traversés de tant de blessures et déchirures qu’elle continue, un demi-siècle plus tard ,de diviser. Date symbole de passions croisées.

 

Ce prochain lundi, dans soixante communes du département avec en point d’orgue le rassemblement agenais, on commémorera ce jour historique qui a marqué la chair et le cœur de milliers de Lot-et-Garonnais, protagonistes d’une manière ou d’une autre de ce que l’on a longtemps pudiquement appelé « les événements ».

 

Notre département a été l’un des plus concernés par les conséquences humaines de cette guerre d’Algérie. Il a vu des rapatriés affluer par milliers, venus s’installer principalement dans l’agriculture et le commerce, des harkis et leurs familles rassemblés ici par centaines, « parqués » qu’ils furent au camp de Bias, des appelés du contingent et des engagés revenus au pays mais dont 143 d’entre eux (chiffre non définitif) sont morts au combat et dont le nom inscrit sur la stèle du mémorial d’Afrique du Nord, érigé à Agen, rappelle le souvenir…

 

La guerre d’Algérie est aussi symbolisée ici par une puissante Fédération d’anciens combattants, la Fnaca et ses quelque 4 400 adhérents encore aujourd’hui recensés. Au moment de l’inauguration du Mémorial, en 1999, l’Office départemental des anciens combattants avançait le chiffre de 19 800, pour le nombre de personnes rapatriées en Lot-et-Garonne entre 1957 et 1967. « Plus de la moitié de ces retours se sont concentrés sur les deux années 1962 et 1963 », précise aujourd’hui Hélène Lagleyre, chef de service de l’administration centrale des rapatriés, installée à Agen en 1982. Et 90 % de ces personnes provenaient d’Afrique du Nord, dont les deux tiers d’Algérie. Le tiers de ces rapatriés était sans profession.

 

Les harkis aussi arrivèrent en nombre en terre gasconne, la création du camp de Bias leur « offrant » un misérable et pitoyable refuge.

 

Un chapitre loin d’être refermé

 

Combien furent-ils à y séjourner ? Il y a dix ans, on recensait encore dans le département 500 de ces soldats supplétifs de l’armée française. Avec leurs familles, le nombre total de cette communauté harkie était alors estimé à environ 4 500 personnes. Une communauté principalement installée en Villeneuvois, outre Bias, à Sainte-Livrade ou Casseneuil, mais aussi à Fumel, Buzet-sur-Baïse ou Aiguillon.

 

Un demi-siècle après ces rapatriements et arrivées massives en bord de Garonne et du Lot, les signes concrets des répercussions du conflit algérien sont toujours là. Si les mesures d’aide aux pieds-noirs n’existent plus, sinon pour la finition de certains dossiers d’installation, celles concernant les harkis et leur descendance ont toujours cours. « En 2010, 400 millions d’euros ont été versés au plan national à 11 200 harkis ou à leurs veuves », souligne Hélène Lagleyre. Et à l’Office des anciens combattants, « on reçoit toujours aujourd’hui des demandes de reconnaissance concernant un passé combattant en Algérie », relève Sandrine Bru, sa directrice. Vingt-trois Lot-et-Garonnais ont effectué cette démarche en 2 011. Quatre autres, encore depuis janvier 2012… Le chapitre lot-et-garonnais des « événements » est loin d’être refermé.

 

Demain : la nostalgie des pieds-noirs de Lot-et-Garonne

Bessy Selk

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Rapatriés : ils arrivèrent 19 800… – Le Petit Bleu : LaDépêche.fr

Par Harkis2012 Temps de lecture: 3 min
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