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Portrait – Salima Saa, nouvelle égérie du président

Salima SAA
Rédigé par : Harkis2012

Pari.Pourquoi Sarkozy mise sur cette fille de Harki

Salima SAA

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Parmi la poignée de jeunes espoirs reçus par Nicolas Sarkozy le 10 novembre, elle est la seule à ne pas être élue. Salima Saa n’en est que plus « honorée » de faire partie de ce nouveau cénacle appelé à se réunir très régulièrement autour du président. « C’était assez bizarre de me retrouver au milieu d’eux, reconnaît la présidente de l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé).Je le prends comme un signe de la part de Nicolas Sarkozy. Pour moi, c’est une véritable étape. » Ça a le mérite de la clarté. Salima Saa -un nom qu’on croirait inventé pour ouvrir les cavernes d’Ali Baba de la République – n’est pas du genre à minauder.

A 40 ans, cette fille de harki tombée dans l’engagement associatif en 1990 ne s’en cache pas : elle veut une circonscription. »Etre élue, c’est quelque chose que j’ai en tête depuis que je suis étudiante. » Elle a fait quelques détours, pourtant : elle redouble sa première année de médecine, échoue à l’examen, s’oriente vers la biologie. In fine, ce sera un DESS en environnement. Très vite, elle rejoint l’Agence de l’eau Seine-Normandie.« Mais je voulais gagner de l’argent », raconte-t-elle. Fin 1999, elle crée une start-up avec des amis, la revend (bien) en 2002, part dans les Bouches-du-Rhône, fait un enfant (7 ans aujourd’hui), remonte à Paris et, en 2008, entre comme directrice commerciale au sein du groupe Saur, spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets. Fin 2010, elle écrit au ministre de la Ville, Maurice Leroy, qu’elle ne connaît pas, pour solliciter la présidence de l’Acsé. Son pedigree et son amitié avec le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Christian Frémont – rencontré du temps où il dirigeait le cabinet de Jean-Louis Borloo au ministère de l’Ecologie -, feront le reste. En février 2011, la jolie brune est nommée à l’Acsé. Elle rencontre alors le conseiller politique du chef de l’Etat, Olivier Biancarelli. Ainsi débute sa percée en sarkozie. Convaincus d’avoir déniché la perle rare, Frémont et Biancarelli commencent en effet à parler d’elle lors des sacro-saintes réunions élyséennes du matin.

Salima Saa rencontre pour la première fois Nicolas Sarkozy début octobre, en présence de Biancarelli. »Le rendez-vous s’est très bien passé », déclare-t-elle. La preuve ? Il la convie dans la foulée à participer au déjeuner donné le 17 octobre autour du rapport de Gilles Kepel. Fin des préliminaires. La fois suivante, le 10 novembre, le président jette carrément sa recrue dans le grand bain de la politique, en la mêlant aux élus. Elle ne pipe mot. « Il n’y avait que des parlementaires chevronnés ou des élus médiatiques. Elle était un peu impressionnée », témoigne Brice Hortefeux. Salima Saa le dit autrement : « Je ne parle pas pour exister. C’était ma première réunion. Celui qui a le plus parlé, c’est le président. » Justement, l’a-t-il convaincue ? »Il nous a transmis de la force et de la confiance. Ça donne envie d’y aller. » Elle ne se fera pas prier. »Je suis prête à alimenter la réflexion du candidat avec ce que je retire du terrain », affirme celle qui, après avoir parcouru la France à la faveur des mutations d’un père officier d’infanterie, arpente désormais les collectivités rurales pour Saur et les banlieues pour l’Acsé.

Foi. Sarkozy est résolu à offrir une place de choix dans sa campagne à cette native de Soissons dont le père, Berbère chaoui de l’Est algérien, s’est, à l’âge de 12 ans, retrouvé orphelin au fin fond du djebel, dans la misère. Saa père a élevé ses cinq enfants sans jamais ni les emmener en Algérie ni parler arabe devant eux – sa fille regrette de connaître si mal cette langue. « Il n’y en avait que pour l’école. Quand j’étais en primaire, il nous parlait de Polytechnique. Il nous a donné le sens du combat. » La foi, aussi. »Ça rassure », estime cette musulmane qui aime « le côté rituel et familial des fêtes religieuses », ne mange pas de porc et ne boit pas d’alcool, mais ne fait pas ramadan. »Je suis rationnelle et assez terrienne. Son destin, on se le fabrique. » Le sien sera politique, a-t-elle décidé. Mieux que de l’aplomb, une assurance tranquille. »A un moment, je quitterai le groupe », a-t-elle déjà prévenu son patron chez Saur.

En attendant, elle trouve « lourdingue » d’être présentée comme « la nouvelle Rachida Dati ». Certes, elle était « fière » quand cette dernière a été nommée ministre et elle lui trouve « un vrai courage ». Mais son modèle, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet. « Elle est au-dessus du lot sur tous les sujets. C’est une pure et dure. C’est dommage qu’on ne me compare pas à elle. » Elle étouffe un rire. A moins que ce ne soit un soupir.

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Le Point.

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Portrait – Salima Saa, nouvelle égérie du président

Par Harkis2012 Temps de lecture: 3 min
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