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Marc Laffineur : «La mémoire de la guerre d’Algérie doit être apaisée»

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Rédigé par : Harkis2012

 Des cérémonies sont prévues lundi 5 décembre pour la 9e  édition de la journée nationale d’hommage aux morts pour la France pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie.

Marc Laffineur, secrétaire d’État auprès du ministre de la défense et des anciens combattants, justifie le maintien de cette date controversée et annonce la nomination de l’ancien ambassadeur Hubert Colin de Verdière pour coordonner les commémorations en 2012 du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie.

 

LA CROIX  : Le 5 décembre, jour officiel d’hommage aux morts pour la France durant la guerre d’Algérie, n’est toujours pas accepté par toutes les associations d’anciens combattants. Comprenez-vous ces divergences ?

Marc Laffineur :  Le choix du 5 décembre correspond à une volonté d’apaisement et de rassemblement, puisque aucune autre date ne fait l’unanimité au sein du monde combattant. Certains considèrent que le 19 mars ne doit pas être retenu car de nombreux militaires français et des milliers de harkis sont morts après le cessez-le-feu, qui n’a pas été respecté par le FLN. D’autres estiment qu’il n’est pas possible de célébrer le 5 juillet, date de l’indépendance de l’Algérie.

Le 5 décembre ne résulte pas d’un choix politique. Il a été proposé en 2003 par la commission Favier, réunissant des historiens reconnus et les principales associations d’anciens combattants. C’est une date de concorde nationale qui correspond à l’inauguration en 2002, par le président de la République Jacques Chirac, du Mémorial de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie du quai Branly à Paris.

Comment commémorer, l’an prochain, le cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie ?

Cette année commémorative doit être marquée non pas par la polémique et les divisions, mais par le rassemblement et le recueillement au nom de toutes les victimes. Dans cet esprit, le président de la République vient de charger Hubert Colin de Verdière, ambassadeur en Algérie à deux reprises, de coordonner les actions liées en France à ce 50 anniversaire.

Toutes les dates permettant de se souvenir du courage, de l’engagement, et du sacrifice des forces françaises et supplétives seront commémorées. Il est normal que toutes les associations, qu’elles représentent les anciens combattants, les rapatriés ou les harkis, puissent organiser une cérémonie à la date de leur choix. La guerre d’Algérie a concerné toutes les familles françaises car les appelés ont été mobilisés. Sa mémoire doit être apaisée.

N’est-il pas temps aussi de faire œuvre de vérité sur la guerre d’Algérie ?

La guerre d’Algérie a été un drame. Il faut avoir le courage de faire la lumière sur tous les aspects de ce conflit. Les militaires français ont été, dans leur immense majorité, exemplaires dans l’exercice de leur devoir. La vérité ne doit pas être à sens unique, elle doit concerner tous les aspects, donc les errements de part et d’autre, et être souhaitée des deux côtés de la Méditerranée. Installée en octobre 2010 et présidée par Claude Bébéar, la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie, des combats du Maroc et de Tunisie œuvre en ce sens.

La France et l’Algérie peuvent-elles resserrer leurs liens lors de ce cinquantenaire ?

Je suis bien évidemment favorable à un échange dépassionné autour de la commémoration de la fin de la guerre d’Algérie, en relation avec les associations d’anciens combattants, de part et d’autre de la Méditerranée. Un plus grand rapprochement entre les deux pays est souhaitable. La guerre d’Algérie a été un immense gâchis. Il faut admettre qu’il est temps de tourner la page. Ce qui a été fait avec l’Allemagne, en termes de réconciliation, doit pouvoir être fait avec l’Algérie.

RECUEILLI PAR ANTOINE FOUCHET

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