Bibliographie

Le roman, passerelle entre réalité et fiction, d’un travailleur social

Benabdallah Dridj est en poste depuis six mois à Montargis, où il compte s’installer durablement. - jb dosramos
Rédigé par : Harkis2012

www.larep.fr – Montargis – MONTARGIS 45200 – Le roman, passerelle entre réalité et fiction, d’un travailleur social.

Benabdallah Dridj est en poste depuis six mois à Montargis, où il compte s’installer durablement. - jb dosramos

Benabdallah Dridj est en poste depuis six mois à Montargis, où il compte s’installer durablement. – jb dosramos

Le Blésois vit son écriture et son métier, à la Protection judiciaire de la jeunesse à Montargis, comme un voyage permanent dans les coulisses de l’âme humaine. Il vient de publier Les nuances du vide chez L’Harmattan.

La sensibilité et l’empathie. Ces deux traits de caractère, Benabdallah Dridj les met à profit dans son métier de directeur de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ)* à Montargis, ou quand il coiffe sa casquette d’écrivain.

C’est son histoire familiale qui l’a poussé vers l’écriture : né en 1963, à la fin de la Guerre d’Algérie, Benabdallah Dridj, qui a passé toute sa vie dans le Loir-et-Cher avant d’atterrir à Montargis, est fils et petit-fils de harki. Chez lui, le conflit algérien est un sujet que l’on tait. « Mon père n’a jamais pu en parler. Trop douloureux. Dans ma famille, ils se sentaient Algériens. Mais ils étaient perçus comme des traîtres, sans avoir le sentiment de l’être ».

Un chansonnier à la baseC’est à travers d’innombrables livres d’histoires et de romans qu’il s’est plongé dans ce pan d’histoire. Passionnément et compulsivement. « Et j’ai créé une fiction, j’ai imaginé ma propre histoire, celle que je n’ai jamais pu connaître. J’ai construit la mienne à travers ces tonnes de lectures. »

Chansonnier à la base, il en a fait des refrains et des couplets. Sans pouvoir s’arrêter d’écrire. Et les vers sont devenus des pages, des chapitres, un livre. Qu’il finit par publier sur les conseils de son entourage. Oujda sort chez L’Harmattan en 2010. Avec toujours le même moteur : « Écrire dans la sensibilité », comme ses références Yasmina Khadra ou Boualem Sansal, des auteurs « qui s’adressent à vous », décrit-il, sans cacher son admiration. Et l’écriture devient vite une nécessité, une façon de mettre ses tripes sur le papier.

Il livre dans la foulée un recueil de poésie, toujours fortement imprégné de l’Algérie. Pour son dernier ouvrage en date, Benabdallah Dridj est sorti de ce qui aurait pu devenir un carcan. En gardant sa sensibilité, en cherchant toujours à aller au c’ur de ce qui fait l’être humain, il a livré cet été, loin de l’Algérie, Les nuances du vide.

Ces drames qui pèsent
si lourd sur l’être humain
Ce vide qu’il évoque, ce sont les accidents de la vie, les drames, les secrets de famille, qui pèsent si lourd sur n’importe quel être humain. Il tente, à travers les histoires de trois familles, de percer à jour les parcours de personnages terriblement quelconques, anonymes, anodins. Il éclaire le lecteur sur ces fardeaux que n’importe qui peut porter, tout en continuant son chemin malgré tout. « Ce qui m’intéresse, ce ne sont pas tant les faits, les drames, les secrets, mais les ressorts qui font que ces gens peuvent continuer à vivre, sans rien laisser paraître. »

Il ne s’en cache pas, si ses personnages sont fictionnels, son métier de travailleur social lui fournit le terreau idéal pour faire pousser ses idées et observer la condition humaine. Sa volonté permanente : chausser les baskets des autres. Un souci qui le guide au quotidien. « Tout est une histoire de contexte. Quand je vois un jeune arriver, j’essaie toujours de savoir ce qu’il y a derrière les faits bruts, dans les coulisses. »

(*) La PJJ assure notamment le suivi des mineurs délinquants, consécutivement à une décision de justice.

Pratique. Les nuances du vide, aux éditions L’Harmattan. 208 pages. Tarif : 18 €. Disponible en librairie.

Jean-Baptiste Dos Ramos

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Harkis2012

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Le roman, passerelle entre réalité et fiction, d’un travailleur social

Par Harkis2012 Temps de lecture: 3 min
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