Portraits

Le Figaro – Présidentielle : La campagne de 2012 les a révélés

Jeannette Bougrab, secrétaire d'État à la Jeunesse, prend la parole au meeting de Villepinte, le 11 mars. Crédits photo: ABACA
Rédigé par : Harkis2012
Jeannette Bougrab, secrétaire d'État à la Jeunesse, prend la parole au meeting de Villepinte, le 11 mars. Crédits photo: ABACA

Jeannette Bougrab, secrétaire d'État à la Jeunesse, prend la parole au meeting de Villepinte, le 11 mars. Crédits photo: ABACA

Son mentor: repérée par Alain Juppé en 2002, elle est aujourd’hui très proche de Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur, et conseillée par Claude Bébéar, qui est pour elle comme un parrain.
Sa concurrente: Salima Saa, fille de harki comme elle, étoile montante de l’UMP.
Son ambition: elle conditionne son avenir politique à la réélection de Nicolas Sarkozy.
Son portrait: elle l’a dit une première fois dans une interview au Parisien, en décembre 2011: «Il n’existe pas de charia light.» Immédiatement, Jean-Paul Faugère, le directeur de cabinet de François Fillon, décroche son téléphone et accuse la secrétaire d’État à la Jeunesse de «haute trahison». Jeannette Bougrab encaisse, s’attend à devoir remettre sa démission. Personne ne la lui demande. Mieux, certains l’assurent de leurs discrets soutiens. Jean-Marie Le Pen, lui, n’a pas ce genre de prévention. Lorsqu’il la rencontre à l’Élysée pour les vœux du président aux parlementaires, l’ancien patron du Front national ne se gêne pas pour lui dire tout le bien qu’il pense d’elle.De son côté, Nicolas Sarkozy n’a pas bronché. Il a compris qu’il tenait en Bougrab une femme de caractère. La veille de son grand meeting à Villepinte, il lui demande d’intervenir. Devant 80.000 militants, elle répète ces mêmes mots qui firent scandale, de sa voix douce mais ferme, sans que plus personne ne lui fasse grief de sa liberté de ton. Tonnerre d’applaudissements. À la sortie du meeting, Roselyne Bachelot est même venue taquiner le premier ministre, lui glissant à l’oreille que «(son) discours était presque aussi bien que celui de Jeannette».En quelques mois, la secrétaire d’État à la Jeunesse a changé de stature. Appuyée par Claude Guéant, soutenue par Patrick Buisson, l’un des plus influents conseillers du président, elle est devenue l’un des visages de la France forte que Nicolas Sarkozy veut promouvoir et défendre. Ceux qui pensaient que Jeannette Bougrab avait creusé sa tombe politique en décembre constatent maintenant qu’elle traçait au contraire son sillon. À 38 ans, cette fille de harki, ancienne présidente de la Halde, fait entendre sa petite musique. «Jeannette n’est pas monochrome et monocorde comme le sont la plupart des ministres, tous sortis des grandes écoles et formatés par l’ENA», admet un conseiller de l’Élysée. Elle ose, sait s’affranchir du politiquement correct, mais refuse d’être «un produit marketing». Jeannette Bougrab n’est pas une réplique de Rachida Dati, ni même une autre Rama Yade. Comme le reconnaît Claude Bébéar, l’ancien patron d’Axa qui l’a prise sous son aile, Jeannette «est un soldat. Quand elle croit à un combat, elle le mène jusqu’au bout, quitte à brûler tous ses vaisseaux». Dimanche dernier, à la Concorde, au milieu des ministres qui se pressaient au pied du podium, Bougrab semblait ailleurs. Son cœur était à Perpignan où, la veille, le président, de passage au camp de Rivesaltes, reconnaissait la responsabilité de la France dans l’abandon et le sort des harkis. C’était l’un de ses principaux combats. C’est sa plus belle victoire, arrachée de haute lutte à ceux qui voulaient que le président se taise…

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Le Figaro – Présidentielle : La campagne de 2012 les a révélés

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