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Harkis : Sarkozy reconnaît « l’abandon » de la France

Harkis : Sarkozy reconnaît "l'abandon" de la France
Rédigé par : Harkis2012

 

Harkis : Sarkozy reconnaît "l'abandon" de la France - Le Nouvel Observateur.

Harkis : Sarkozy reconnaît "l'abandon" de la France - Le Nouvel Observateur.

 

Nicolas Sarkozy a reconnu vendredi 9 mars les « injustices » dont la France s’est rendue coupable à l’endroit des harkis, et soigné son image auprès des rapatriés d’Algérie, avec l’ambition de regagner les suffrages d’une communauté pied-noir que lui dispute âprement le Front national.

Dix jours avant le 50e anniversaire des accords d’Evian, qui ont mis un terme à la guerre d’Algérie, le président est d’abord venu à Nice pour rendre un hommage appuyé aux supplétifs de l’armée française et aux Français contraints en 1962 de quitter l’Algérie fraîchement indépendante.

Mais, à un mois et demi du premier tour, l’occasion était aussi rêvée pour le candidat de l’UMP d’apurer le contentieux persistant avec leurs familles, à qui il avait promis « excuses » et même « réparations » pendant sa campagne de 2007. Des promesses que, selon leurs associations, il n’a pas tenues.

Dans un discours prononcé devant leurs représentants, Nicolas Sarkozy a donc officiellement reconnu que les autorités françaises s’étaient rendues coupables « d’injustice » et « d’abandon » envers les 200.000 supplétifs musulmans recrutés par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Et reconnu que la France avait « une dette » à leur endroit, sans toutefois parler de « réparation ».

3,2 millions d’électeurs potentiels

« Les harkis ont le droit à ce respect, à cette reconnaissance et ont le droit qu’on leur dise qu’à l’époque, les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l’endroit de ceux qu’elles auraient dû protéger », a-t-il ajouté.

Dans son discours, le président-candidat a aussi longuement évoqué le « cauchemar » du million de Français d’Algérie qui ont été contraints en 1962 de choisir entre « la valise ou le cercueil ».

Un hommage historique, bien sûr, mais aussi très politique. A moins de six semaines du premier tour, sa course à un second mandat s’annonce très difficile pour Nicolas Sarkozy, donné largement perdant face à François Hollande.

Pour combler ce retard, la communauté des rapatriés est une cible incontournable, estimée à 3,2 millions d’électeurs potentiels. En 2007, les pieds-noirs avaient largement voté pour le candidat Sarkozy, lui attribuant 31% des suffrages au premier tour contre 18% à Jean-Marie Le Pen, selon une étude du Cevipof.

« Construire, ce n’est pas avec le Front national »

Mais aujourd’hui, sa fille Marine, candidate du Front national, arrive largement en tête des intentions de vote avec 28%, contre 26% au candidat de l’UMP et au socialiste François Hollande, d’après cette même étude.

« Les rapatriés sont un réservoir historique du FN », a confirmé le député UMP et président du conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.

Devant la presse, Nicolas Sarkozy s’est gardé de toute arrière-pensée électoraliste. « Quand je parle aux Français, je ne parle pas à des segments de Français, je parle à la communauté nationale », a-t-il assuré. Mais, évoquant les « souffrances » des rapatriés, il a vite tombé le masque. « Je leur dis simplement que crier sa colère, ça ne soulage qu’un temps, qu’il faut construire. Et construire, ce n’est pas avec le Front national. »

Le numéro 2 du FN Louis Aliot a vivement répondu aux œillades du candidat de l’UMP. « La chasse aux voix est ouverte, mais les rapatriés et harkis ne seront pas dupes », a-t-il dénoncé, accusant le président de « réitérer ses mensonges et ses promesses (…) avec un cynisme qui dépasse l’entendement ».

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DEPECHE : NICE (AP) — Le président Nicolas Sarkozy, en visite à Nice vendredi, a offert une « réparation morale » aux harkis, reconnaissant qu’ils avaient été « abandonnés » par la France, mais a refusé de présenter les excuses de la République et d’ouvrir la voie à une réparation matérielle.

Le 7 février 2007, en campagne présidentielle à Toulon, le candidat UMP avait estimé que le France devait « des excuses et des réparations » aux enfants des harkis qui ont combattu aux côtés des soldats français pendant la guerre d’Algérie.

Interrogé sur ces réparations ce vendredi à son arrivée à Nice, le chef de l’Etat a jugé que le temps avait « arrangé les problèmes matériels », soulignant que les harkis n’étaient plus parqués dans des camps. « La réparation morale, elle est toujours d’actualité », a-t-il déclaré, excluant implicitement des réparations financières. Les harkis « ont eu le sentiment d’être abandonnés », a-t-il noté, admettant qu' »ils ont eu raison d’avoir ce sentiment-là ».

Cinquante ans après les Accords d’Evian, et la fin de la guerre d’Algérie, Nicolas Sarkozy considère dans un entretien à « Nice Matin » que « la France ne peut pas se repentir d’avoir conduit cette guerre ».

Dans cette interview publiée ce vendredi, il concède que « les rapatriés et les harkis ont été les victimes de la décolonisation ». Mais il ajoute: « où est la responsabilité de la France? D’avoir été une puissance coloniale ou d’avoir accepté un processus de décolonisation en Algérie? ». A ses yeux, « la France ne peut pas être coupable de tout et de son contraire ».

« La France assume son Histoire, c’est tout », déclare le chef de l’Etat, qui brigue un second mandat. Il reconnaît simplement « que les harkis comme les rapatriés incarnent une partie de la mémoire de notre pays et que cette mémoire doit être connue et qu’elle a droit au respect ». AP

cb/sb

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Harkis : Sarkozy reconnaît « l’abandon » de la France

Par Harkis2012 Temps de lecture: 4 min
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