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Harkis, la déchirure

Harkis, la déchirure
Rédigé par : Harkis2012

Harkis, la déchirure

Harkis, la déchirure

Un remarquable documentaire retrace la tragédie des harkis, victimes expiatoires de leur fidélité à la France.


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Le Prix Nobel d’économie Maurice Allais voyait dans l’histoire des harkis « l’histoire d’un crime, d’un véritable génocide commis au nom de la France » et décrit leur abandon par les autorités françaises aux couteaux des bouchers du FLN comme l’« une des plus grandes ignominies, l’une des plus grandes hontes de toute l’histoire de France ». Double tragédie puisque, à l’horreur des massacres qui firent 60 000 à 80 000 victimes parmi eux après les accords d’Évian, s’ajoute le déni de mémoire, les harkis restant les grands oubliés de l’histoire de France contemporaine et les accusations de traîtrise, qui fleurissent toujours dans les discours des autorités algériennes, restant souvent sans réponse de ce côté-ci de la Méditerranée.

Est-ce un symbole de cette difficulté de la France à regarder cette histoire en face si c’est à une journaliste roumaine, Marcela Feraru, que nous devons l’excellent documentaire Harkis, l’histoire d’un abandon, coproduit par l’Ecpad, la chaîne Histoire et Secours de France ?

Alternant remarquables images d’archives et témoignages poignants, ce récit, dont le commentaire est dit par Jean Piat, constitue une véritable remise à l’endroit de l’histoire de cette population trahie puis oubliée.

La première vérité oubliée que met en lumière Marcela Feraru est que, bien plus qu’une guerre de libération, ce fut d’abord une guerre civile : le premier combat du FLN étant moins de lutter contre l’armée française que de tenter de retourner les populations algériennes, massivement favorables à la présence française ou à une évolution négociée. Dans ce combat, la principale arme fut la terreur : alors qu’aujourd’hui on fait tout pour installer dans les esprits l’équation guerre d’Algérie = tortures de l’armée française, ce documentaire rappelle opportunément que la torture, le chantage, les mutilations furent les instruments quotidiens du FLN pour faire basculer la population dans son camp.

Des images des victimes de cette guerre civile, assez furtives pour ne pas s’avérer insupportables mais assez fortes pour marquer les esprits, témoignent de la barbarie de ces méthodes.

Face à cette politique d’intimidation, l’armée française répondit par la répression, bien sûr (c’est notamment la fameuse bataille d’Alger), mais aussi par une politique de “reconquête des coeurs” qui fut notamment l’oeuvre des SAS, les sections administratives spécialisées : l’armée se fait éducatrice, ouvre des écoles, des dispensaires médicaux, aide au développement rural. Le succès de cette politique est réel : les effectifs des harkis ne cessent de croître, de loin supérieurs à ceux qui se battent sous le drapeau de l’ALN. À la fin de 1960, les supplétifs musulmans de l’armée française seront 210 000.

Jusqu’au bout, les harkis croiront à la promesse de la France de les protéger. À tort, tant le pouvoir gaulliste, avide de passer cette guerre par pertes et profits, voulut ignorer les conséquences tragiques sur les harkis comme sur les pieds-noirs de cette victoire livrée sur un plateau à un FLN pourtant défait militairement. Il faudra de courageuses initiatives de soldats français, désobéissant aux ordres en assurant clandestinement l’exil en métropole de leurs frères d’armes et de leurs familles, pour sauver, en même temps que des milliers de vie, un peu de l’honneur français.[/gn_members]

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Harkis, la déchirure

Par Harkis2012 Temps de lecture: 3 min
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