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Les harkis, une identité blessée

Rédigé par : Harkis2012

Cela faisait plusieurs années que beaucoup l’attendaient: la reconnaissance officielle de la responsabilité de la France dans le sort qui a été réservé aux harkis. Par Stéphanie Gallet.

Source : Les harkis, une identité blessée

Dimanche 25 septembre 2016, à huit mois de la présidentielle, François Hollande s’est souvenu des harkis – et de l’une de ses promesses de campagne. La déclaration du président de la République arrive plus de 50 ans après la fin des combats et l’indépendance de l’ancien département français. Une reconnaissance que l’association Harkis et Droits de l’Homme « demandait depuis plusieurs années », exprime sa fondatrice Fatima Besnaci-Lancou.

Une identité blessée

Entre 1954 et 1962, le terme « harki » désignait une catégorie d’auxiliaires de l’armée française. Les harkis sont des supplétifs algériens de l’armée française abandonnés à un sort terrible lors de l’indépendance ou accueillis en France dans des conditions indignes. Ces « Français musulmans« , comme le disait à l’époque, ont été recrutés entre 1954 et 1962 pour mater les velléités d’indépendance algérienne et gagner ce que l’on se refusait d’appeler une guerre. Aujourd’hui, la loi française considère comme « harkis » des personnes originaires d’Algérie venues s’installer en France à partir de 1962 à cause de menaces.

« Être harki, c’est une identité: on la ressent ou on ne la ressent pas.« 

 

Qui sont les harkis en Tance?

Impossible aujourd’hui de savoir aujourd’hui combien il y a de harkis en France. Car être harki, c’est une identité, selon l’historien: « On la ressent ou on ne la ressent pas ». Si les intéressés se sont « appropriée » cette « appellation », comme le précise François-Xavier Hautreux, « le terme avait disparu du langage public » entre entre 1962 et 1975. On parlait alors « Français Musulmans rapatriés », les FMR. L’année 1975 marque les premiers mouvements de revendication.

Un sujet instrumentalisé

Le sort des harkis représente bien plus qu’une page d’histoire. C’est une identité blessée, transmise sur plusieurs générations, marquée par l’abandon du général De Gaulle et la détestation des Algériens pour qui les harkis portent le sceau de la trahison. Le sujet n’est plus tabou mais « extrêmement instrumentalisé quelle que soit la personne qui en parle« , observe François-Xavier Hautreux.

 

Invités

  • Fatima Besnaci-Lancou , historienne, fondatrice de l’association Harkis et Droits de l’Homme

  • François-Xavier Hautreux , historien

Bibliographie

  • Des harkis envoyés à la mort – Le sort des prisonniers de l’Algérie indépendante (1962-1969)

    Fatima Besnaci-Lancou

    éd. de l’Atelier (2016)

  • La guerre d’Algérie des Harkis – 1954-1962

    François-Xavier Hautreux

    éd. Perrin (2013)

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Les harkis, une identité blessée

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