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Côte d’Or | Les Harkis demandent que l’État reconnaisse ses torts – Le Bien Public

Plaque des harkis sur le mémorial AFN, place Gaston-Gérard à Dijon, et drapeau tricolore, avec la main de Fatima. Photo A.-F. B.
Rédigé par : Harkis2012
Plaque des harkis sur le mémorial AFN, place Gaston-Gérard à Dijon, et drapeau tricolore, avec la main de Fatima. Photo A.-F. B.

Plaque des harkis sur le mémorial AFN, place Gaston-Gérard à Dijon, et drapeau tricolore, avec la main de Fatima. Photo A.-F. B.

 

L’association des anciens harkis de la Côte-d’Or, dont le porte-parole est Salah Saadna, milite pour que « soit réparé un dommage dramatique causé à ceux et celles qui avaient choisi de rallier les troupes françaises de métropole et de conserver la nationalité française en Algérie ». « 50 ans après leur arrivée sur le territoire français dans des conditions inhumaines, les familles de harkis souhaitent une reconnaissance du chef de l’Etat français. La France n’a pas protégé les soldats supplétifs et leurs familles », explique le porte-parole. Et d’ajouter : « Il est déconcertant de constater qu’aujourd’hui encore une majorité de Français ignorent l’histoire de cette communauté, qui s’est battue pour la patrie, dont beaucoup de membres ont été abandonnés à leur sort, et en réalité, sacrifiés, après les accords d’Evian en 1962, sur le territoire Algérien. Les harkis, leurs femmes et leurs enfants, qui ont eu la chance de pouvoir quitter le sol algérien furent parqués dans des camps indignes, sans aucune mesure pour les aider à vivre alors qu’ils avaient tout quitté, et tout abandonné par amour pour la France. » Si un décret du 31 mars 2003 a institué le 25 septembre comme Journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives, le Parlement a adopté le 27 février 2012, une loi punissant les injures ou diffamations envers les supplétifs. « Mais le mot “harki” ne figure pas de façon explicite dans cette loi, ce qui est une nouvelle source d’inquiétude pour les harkis et leurs familles […]» . Et de souligner qu’aujourd’hui, « la blessure reste profonde ». Ainsi, les harkis demandent-ils la reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans leur abandon et leur massacre, après la signature des accords d’Evian. Ils demandent aussi « la reconnaissance par l’Etat français de sa responsabilité quant à leurs souffrances, leur isolement, leur exclusion aux portes de divers villages et leur enfermement dans les camps de la honte ». Et de réclamer des compensations financières à la hauteur de ce qu’ils ont subi.

Éclairage

Michel Gillant, président départemental de la Fnaca (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, regroupant 4 800 adhérents en Côte-d’Or), explique pour sa part que l’armée française avait « pratiquement radié le FLN de l’Algérie lorsque les accords d’Evian sont intervenus ». « C’était vraiment une décision politique. Dans les accords d’Evian, il était prévu que le nouveau gouvernement algérien reprendrait tous les harkis et les intégrerait dans l’armée, ou dans les fonctions civiles du gouvernement algérien. Certains militaires, commandant les harkis ont réussi à les embarquer en France, contre les ordres du gouvernement. Car le gouvernement français avait interdit à l’armée française de rapatrier les harkis. Certains ont passé outre […]. L’horreur, c’est que des harkis ont été renvoyés en Algérie, dès leur arrivée en métropole. Des bateaux entiers sont repartis. Vous imaginez ce qui a pu se passer quand ils sont revenus là-bas. On ne parle pas beaucoup de cela parce que ce n’est pas à l’honneur de la France. Mais au bout d’un certain temps, il faut quand même qu’on en parle ! »

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Côte d’Or | Les Harkis demandent que l’État reconnaisse ses torts – Le Bien Public

Par Harkis2012 Temps de lecture: 2 min
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