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Boaza Gazmi : «On attend des actes»

Rédigé par : Harkis2012

Source : Boaza Gazmi : «On attend des actes»

Comme plusieurs harkis du Lot-et-Garonne, Boaza Gasmi, président du Comité de liaison des harkis, était à Paris, dimanche. «On attend des actes et une loi, rapidement».

La plaie ne se refermera pas. Jamais. La déclaration de François Hollande, dimanche aux Invalides, répond à une attente, longue, «la déclaration était très attendue et très importante, ce sont des mots forts qui ont été prononcés par le Président de la République». Mais pour Boaza Gasmi, président du comité de liaison des harkis, «rien n’effacera les années vécues dans les camps de concentration comme celui de Bias, oui, camp de concentration: quel autre nom donner à ce camp entouré de fil de fer barbelé, surveillé par des militaires avec une extinction des feux à 22heures et dans lequel l’administration avait quasiment droit de vie et de mort? Je rappelle que celles et ceux qui sortaient de la norme se retrouvaient souvent en asile psychiatrique et qu’ils ont osé enfermer en asile un mineur de 16 ans!»

«Nous avons été exclus de tout»

Après les accords d’Évian le 18mars 1962, 55000à 75000 harkis ont, selon les historiens, été abandonnés en Algérie et victimes de sanglantes représailles de la part des nationalistes. Quelque 60000 ont été admis en France. Avec leurs descendants, leur communauté est estimée à 500000 personnes. Comme les autres représentants des harkis, dans la cour des Invalides, Boaza Gasmi «ne s’attendait pas à une aussi forte déclaration, c’est la première fois que l’on parle du massacre des harkis en Algérie, c’est la première fois que l’on parle de l’accueil des harkis dans les camps en France».

En rappelant que «cette annonce aurait dû être faite depuis longtemps déjà, parce que le candidat François Hollande l’avait déjà dit en avril 2012. Pendant 4 ans et demi, rien et cette déclaration, juste six mois avant les élections présidentielles», le président du comité de liaison veut croire «que de toute manière cette annonce impactera non seulement le candidat François Hollande s’il venait à être réélu, mais tous les futurs candidats et le futur Président de la République devront en tenir compte».

Et ce qu’attendent désormais les harkis, les femmes et veuves de harkis et les enfants de la première génération, c’est que «maintenant cette reconnaissance soit actée par une loi, qu’elle soit inscrite dans le marbre de l’Histoire de France».

Et «la reconnaissance ne va pas sans la réparation pour tout ce qui a été perdu là-bas, pour ces années de camp, pour les privations, les enfants dans les camps étaient exclus de tout. Et depuis, les enfants de la deuxième génération sont exclus des formations et de l’emploi…», ajoute Boaza Gasmi. «On reste mobilisé».


Une «primaire harkis»

La déclaration de François Hollande et la reconnaissance des responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis ne changent rien sur le fond. Le Comité national de liaison des harkis avait désigné au printemps dernier, un candidat à l’élection présidentielle 2017. «Cette désignation reste d’actualité», confirmait hier Boaza Gasmi désigné par les associations le 12 mai dernier.

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Boaza Gazmi : «On attend des actes»

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